Jour 13 : Le Québec envahit Berlin!

En l’honneur du déclenchement des élections provinciales au Québec. Voici comment je ne peux pas ignorer d’où je viens. Damnit.

Événement 1 : Des Québécois ont laissé leur marque à l’East Side Gallery

Bulle historique : Après la défaite de l’Allemagne nazie, les Alliés se divisèrent le pays et sa capitale : zone américaine, britannique, française, soviétique. Les trois zones capitalistes à l’Ouest ont eu tôt faites de s’associer pour former la République fédérale allemande (RFA). À l’Est, la zone communiste soviétique forme la République démocratique d’Allemagne (RDA).

La vie à l’Est était beaucoup plus difficile. C’est pourquoi beaucoup essayait de se sauver à l’Ouest en passant de Berlin-Est à Berlin-Ouest (enclave de RFA en zone soviétique). Devant les nombreux départs de sa population, le gouvernement de RDA construit un mur séparant Berlin en deux. De 1961 à 1989, le mur est le symbole même de la division capitaliste-communiste de la Guerre froide.

Quand le mur est tombé (seulement une partie), des artistes du monde entier sont venus peindre des fresques sur le côté est du mur. Il y a des messages d’amour, de paix et d’espoir sur des kilomètres. Sur l’une des murales, les mots «Québec, je me souviens». Et wait for it, il y avait un carré rouge avec le nombre 78 était aussi inscrits. Une surprise inattendue, mais bienvenue.

Événement 2 : Un serveur en route vers le Québec.

Alors que nous étions au restaurant, notre serveur espagnol qui travaille en Allemagne s’étonne de savoir qu’on vient du Canada. Il a un collègue de Montréal et il pense aller travailler quelques mois au Québec à travers le Plan Nord. Il accumule l’argent sans la dépenser, même pas pour une belle Québécoise. What a waste!

Jour 10 : Je ne suis plus une petite fille

Je ne pensais jamais dire ça de toute ma vie, mais mon père a donné ma main en mariage.

On était dans un petit pub allemand où il n’y a pas de patates frites (contrairement à ce que pensent des touristes américains).

Et disons que notre serveur était de très bonne humeur (à mon avis,  il devait boire depuis le début de l’après-midi).  Faut dire qu’ici, c’est normal de boire beaucoup de bières. Au restaurant, si je commande autre chose qu’un demi-litre, on me regarde drôle et on m’amène un demi-litre anyways.

C’est justement ce qui est a attiré l’attention de notre serveur (en plus qu’on parle une langue bizarre). Et, c’est là que je suis un peu devenue la tête de turc (pas négativement bien sûr, mais disons que je ne voulais pas tant d’attention). Honey  par ici et honey par là, pas mieux pour m’empêcher d’être capable de m’exprimer (et de virer rouge tomate).

Tsé, quand tu es trop gênée pour dire quoi que ce soit, surtout dans une seconde langue. J’étais écarlate.

Et là, je ne sais pas trop comment, mais il n’arrêtait pas de dire qu’on allait se marier le lendemain matin (aujourd’hui).  Mon père, qui pense que je séduis toujours les waiters et qui aime me mettre inconfortable en public, en remet une couche.

Il a accepté le mautadit. C’est parce que je ne suis pas d’accord! On ne parle même pas la même langue. Ok, je dramatise.

Faut dire que j’envoie des messages contradictoires : quand je suis inconfortable, je souris jusqu’aux oreilles même si je ne suis pas contente.

Ils se sont serré la main! C’est un accord verbal ça. Dans certains pays, je serais déjà prise devant l’autel. Disons juste que je ne veux pas y retourner.

Jour 9 : Je marche dans la flotte

À Prague, on vivat dans une espèce de ghetto touristique. Hier, nous sommes arrivés à Berlin. Ici, c’est totalement le contraire. C’est une méga grande ville où on peut se perdre assez facilement.

Pour voir de plus près de quoi à l’air un Allemand dans son habitat naturel, nous avons fait l’activité la plus typique de tous : aller au marché.

Malgré un petit épisode d’agoraphobie (j’avais l’impression de me faire écraser par la foule coincée entre deux kiosques), le marché était vraiment génial. On y vendait plein de choses cool et trendy pour une fraction du prix. Et tout était négociable! Le repère de tout bon bohémien.

Juste quand je commençais à me sentir confortable parmi la foule, il a commencé à pleuvoir. Et puisque comme à l’habitude les Allemands ne font rien à moitié, ce sont des cordes qui sont tombées. Il y a des lacs qui se sont formés dans les allées. Avec des chemins en terre, ça ne fait pas très bon ménage. À ce moment-là, j’étais vraiment contente qu’on m’ait obligé à apporter un parapluie (même si c’est périlleux de marcher avec).

Et juste quand on a décidé de partir, il a commencé à faire beau.

C’est ça le sens du timing.

Jour 8 : Pourquoi j’aime l’Europe

Plusieurs raisons pourquoi je vivrais en Europe :

  • Tout est plus petit et compacté. Contrairement à nous, Nord-américains qui aiment prendre de la place, ici, on économise l’espace. Les Européens maximisent leur rangement. Les pièces sont beaucoup moins nombreuses et beaucoup plus petites. Par contre, les plafonds sont super hauts (bonjour arbre de noël de 8 pieds!) et ils aménagent des gardes robes en hauteur. Ils ont plein de tablettes, tellement que même pour moi qui a beaucoup de choses j’aurais de la difficulté à les remplir. C’est pareil à l’extérieur. Les rues et les trottoirs sont étroits. Ça fait plus cozy et moins autoroutes où je pourrais mourir à tout moment. Les gens traversent n’importe où, mais ça restent sécuritaire puisqu’il y a moins d’autos.
  • Tout est accessible en transport en commun (métro, train et bus), en vélo ou à pied. C’est la liberté! Pas toujours besoin de lifts d’un parent généreux. Ils peuvent même voyager comme ça à travers l’Europe.
  • Il y a plein de pays, de langues et de cultures proches les uns des autres. Ça devient facile de voyager et d’apprendre de nouvelles langues.
  • Il y a beaucoup plus de petits commerçants que de grandes surfaces. Ici, ils achètent moins, mais plus souvent. Ça encourage beaucoup plus à acheter local.
  • C’est un endroit riche en culture. L’art indépendant est beaucoup plus accessible. Il y a des cinémas avec des films d’auteurs et des magasins de musique indépendante un peu partout.
  • Ici, tout est en avance sur son temps. L’écologie est à l’avant avec plein d’appareils à économie d’eau.

Jour 7 : Petites histoires de Prague

Un ramassis de plein de faits cocasses sur Prague.

Le mur de la faim

Au prise avec une grande famine, le roi de Prague (sûrement Charles, c’est toujours Charles) a décidé de faire travailler son peuple. Cela n’a pas donné grand-chose d’autre qu’un grand mur sans véritable utilité autre que de nourrir la population.

 

Universités sous-payées

Les universités publiques tchèques sont gratuites, mais elles sont sous-financées. Par contre, les universités privées sont payantes (évidemment!) et surtout beaucoup plus tolérantes. Notre guide (lors d’un tour de la ville) était professeure dans une université privée. Elle nous racontait qu’elle était obligée de laisser passer tous ses élèves, même s’ils auraient dû échouer leurs cours. Les directeurs demandent de faire des examens plus faciles. Les élèves s’achètent littéralement un diplôme.

À l’université Charles, la plus vieille université de Prague, la remise des diplômes (et le diplôme aussi) est uniquement en latin. Ce qui n’est pas très utile, puisque personne ne comprend.

 

Routes super busy

Il n’y a pas beaucoup d’automobiles et de feux de circulation sur la route. J’ai plus vu de voitures stationnées que de voitures qui roulaient. Les gens traversent n’importe où. Et en plus, il y a des segways un peu partout qui te roulent dessus.

Jour 5 : LA grotte magique

Prague, c’est vraiment un tas de pierres, à l’exception du parc de Pétrin. Là-bas, c’est un tas de verdure, plein d’arbres et d’arbustes sur une butte. On peut la monter à pied ou en funiculaire. Et puisqu’on feelait paresseux, on a pris le funiculaire.

Rendus en haut, on a vu une supposée reproduction de la tour Eiffel (qui lui ressemble plus ou moins).

En descendant dans les sentiers, on a vu une pancarte annonçant l’entrée d’une grotte magique. Ça avait l’air prometteur. Arrivé plus bas dans le sentier, on se fait intercepter par un illuminé baragouinant quelques mots d’anglais. Il nous promettait de l’alcool à volonté (provenant de quelques bouteilles empoussiérées).

L’intérieur était fait comme une grotte, avec des espèces de monolytes en plâtre sur les murs et le plafond. On y exposait des peintures fantasmagoriques avec des indigènes dénudées chevauchant des licornes sous-marines. Il y en avait des tonnes; il n’y avait plus de place pour les exposer. L’artiste (le mot est peut-être un peu fort) devait faire ça depuis une trentaine d’années, et on dirait qu’il n’en a pas beaucoup vendu… Il devait en fumer du bon, parce que ça n’a juste pas d’allure.

Jour 4 : Gros tas de pierres

Prague, c’est un gros tas de pierres. Ici, tout est fait en pierres : les trottoirs, les rues, les bâtisses, les ponts, et j’en passe. Je crois que je n’ai pas vu une onze d’asphalte depuis que je suis arrivée.

Les trottoirs sont faits de milliers de petites pierres carrées de dix centimètres de côté. Les rues sont faites de plus gros pierres qui sont tellement écartés que ce serait un sport extrême de marcher en talons hauts.

Ça doit prendre une éternité de faire leurs routes (mais peut-être qu’ils ont moins de nids de poule). Au moins, les pierres sont à peu près toutes au même niveau, ce qui permet de marcher presque normalement (sauf celles en talons hauts bien sûr). Disons que c’est quand même tout un défi pour moi de rester debout. En tout cas, le vieux-Montréal aurait intérêt à prendre exemple sur Prague pour des routes en pierres facile à marcher.

En plus, il y a une tonne de statues. Il y en a PARTOUT. On ne dit pas souvent qu’il y a trop d’art, mais là trop, c’est trop. Je sais qu’il faudrait que j’apprécie tout le travail du tailleur de pierres, mais il ne fallait pas en mettre partout!

Jour 3 : Une bouteille en plastique, c’est beaucoup plus léger qu’en vitre

Je suis en panne d’inspiration (et c’est rare).

Je n’ai pas la flamme habituelle.

Je suis blasée.

Et de quoi on parle quand on est blasé?

De nourriture? Déjà fait. Been there, done that.

De température? Un peu plate.

De bière? I guess que je vais parler de ça.

 

Quelques faits intéressants à propos de la bière en République tchèque :

  • Dans les restaurants, il n’y a pas vingt millions de sortes de bière. En général, il y en a deux : une pâle et une foncée.
  • Pour savoir la marque des dites bières, il n’y a qu’à regarder l’auvent des restaurants. Ils sont presque tous commandités par une certaine marque.
  • Il est facile d’acheter des un et deux litres de bière dans n’importe quel dépanneur.
  • Le quart des allées dans une épicerie est consacrée à la bière.
  • La bière coûte souvent moins cher que l’eau.

Jour 2 : R.I.P. Aiguisoir/Taille-crayon*

Parfois on voudrait que le temps soit élastique, et qu’on arrive à faire tout ce qu’on veut. Ça fonctionne rarement, à moins d’être super productif ou de ne presque jamais dormir. Comme on peut le deviner par ma paresse incarnée, c’est la deuxième possibilité qui m’arrive le plus souvent, de façon intentionnelle ou non.

Cette nuit ou ce matin, je me suis réveillée à trois heures et demie. Yay! Plein de temps! (Not. J’étais plus en mode sauvegarde d’énergie). Ça m’a donné la chance de redécouvrir mon crayon (Non! Pas dans ce sens-là. Reformulation). J’ai pu véritablement m’amuser à dessiner ce qui m’entoure. Oui, dessiner. Ça fait peut-être old school, mais ça serait trop facile de seulement prendre des photos (quoique mes amis photographes puissent en dire). La plupart des gens ne prennent pas conscience de l’endroit et de sa magie. Seulement deux secondes. Clic. C’est fini.

  • Il y a les gens qui prennent des photos d’eux-mêmes à répétition. Come on. Une pic de chix, qu’elle soit fait dans ta salle de bain chez vous ou à Prague (si on n’habite pas à Prague bien sûr), ça reste une pic de chix. Eu une duck face, c’est laid n’importe où.
  • Il y a les gens qui prennent des photos de n’importe quoi. Le meilleur exemple que j’ai c’est celui-ci. On revenait du Palais royal où les rois allaient se faire couronner (c’était plus une arche à mon humble avis). On passait à côté du plus vieux vignoble de République tchèque. Comme d’habitude, il y avait beaucoup de touristes, une d’eux a décidé d’arrêter dans les marches pour prendre une photo du vignoble. Un seul problème, le vignoble est entouré d’un haut mur. Donc, elle a fini par photographier un mur. Et il n’avait rien de particulier (sauf peut-être le vignoble en arrière qu’on ne voyait pas). Alors, honnêtement,  qu’est-ce que ça va lui apporter d’avoir une photo comme ça? Ça sera seulement un fichier perdu à quelque part qui se retrouvera surement dans une corbeille dans pas longtemps.
  • Il y a les gens qui se prennent pour de grands photographes parce qu’ils ont dépensé plus cher que tout le monde pour un objectif. Ils se plantent dans le milieu du chemin et espèrent avoir une révélation sur l’angle parfait. Ils sont facilement repérables. 1, ils restent longtemps dans la même position. 2, ils traient souvent une grosse caméra au cou ou à l’épaule, leur signe distinctif.

Pour essayer de ne pas me faire associer à ce type d’individus (même si j’ai déjà des bottes de marche aux pieds comme eux, et que je traine dans les mêmes endroits), j’ai décidé de troquer ma caméra hyper chère pour mon crayon à mine donnée gratuitement dans les magazines La Semaine. Un retour aux sources? Nah, pas vraiment. Mais, je suis honnêtement surprise, je suis plus efficace que je croyais (peut-être pas ce que dirait ceux qui m’attendent). Et en plus, je trouve qu’on apprécie beaucoup chaque paysage. Un coup de crayon n’est peut-être pas aussi précis (en tout cas pas les miens) que les milliers de pixels d’une photo haute résolution, mais il est beaucoup plus senti et ressenti. En tout cas, j’apprécie bien l’effet que ça donne.

*Fidèle serviteur, mon aiguisoir (taille-crayon pour les linguistes) a rendu l’âme hier après une période de dessin sur le balcon. J’espère qu’elle repose en paix malgré le tape jaune utilisé pour la garder en vie.

Jour 1 (partie 2) : Je suis une Terminator de la bouffe (qui a mal au ventre)

Quand j’étais aux Philippines (voir P.H.A.P. au quartier de la béatitude), l’une des questions qu’on me posait le plus souvent : comment elle est la bouffe? (Elle était succulente en passant).

La nourriture, c’est tellement important!

Alarmistes, plusieurs avaient scandé à tort et à travers que c’était «pas mangeable». C’est faux, archi-faux. (Et en plus, ils sont généreux sur les portions.)

Bon, c’est vrai que ça fait juste une journée que je suis arrivée et que j’ai seulement soupé dans un restaurant argentin (j’ai mangé un des deux plats typiques tchèques –disons que c’est plus leur spécialité), mais j’ai fait quelques découvertes

  • Ma plus grande découverte a été à l’épicerie (pas très original, mais il y a ben de la bouffe là-bas). Outre les noms d’étiquettes bizarres, les odeurs de pâtisseries enivrantes et la trop longue allée de bières, il y avait la future révolution de mes papilles gustatives : les chips au jambon (il y en a aussi au bacon, aux brochettes, au paprika, aux poivrons et au salami). Et étonnamment, ce n’est pas mauvais. Ça ne coûte pas grand-chose à vrai dire, peut-être un peu la galette de riz… Mais, reste que je n’avais jamais imaginé qu’il existe une alternative aux traditionnels fromage et barbecue (inexistant ici soit dit en passant).

 

  • Sur la grande place, parmi quelques kiosques et de trop nombreuses statues (on y reviendra plus tard), ce trouvais ma partie préféré du repas, le dessert. Ils vendaient une espèce de briches en broches (Ouh! Ça rime). C’est de la pâte entortillée autour d’un grand bâton. Quand elle est un peu cuite, ils la roulent dans un mélange de sucre, de cannelle et autres. C’est un peu comme notre queue de castor (sauf que nous, les enfants n’en donnent pas aux pigeons –ils vont être méchamment bien engraissés ces pigeons-là)

 

  • Finalement dans mon assiette au resto, j’ai goûté aux traditionnels gnocchis tchèques. C’est une espèce d’hybride entre des patates et des pâtes (pour ceux qui connaissent ça ressemble beaucoup aux gnocchis italiens sauf que les Tchèques les font dans toutes les grandeurs existantes). En tout cas, ils en mettent un peu partout.

 

  • Mais surtout, les Tchèques sont vraiment cruels. Oui, oui, cruels. Sinon pourquoi ferait-il exprès de mettre des magasins de crème glacée –plus précisément de gelato– à tous les coins de rue. Ils me narguent. C’est de la torture. Je pense que je sais où je vais dépenser mes krônes.