Jonk has gone wild! partie 1

À peine une journée après être arrivée à Jonquière, c’est déjà le temps des initiations.

C’est vrai que j’aurais pu arriver plus tôt et apprécier les partys de la rentrée. Mais bon, je préférais profiter des derniers instants de mon été à Montréal, et ici il y en a toujours plein de partys de toute façon. Mais, s’il y a un party (ou plutôt plusieurs) à ne pas manquer, c’est bien celui des initiations.

C’est une grosse débauche où on s’en prend (un peu) aux nouveaux en les souillant avec des trucs pas possibles, et en leur payant la traite de leur vie côté alcool (parce que tout le monde le sait, le but c’est de saouler les initiés sans qu’ils vomissent.)

L’année passée, c’était moi qui étais initiée. On ne nous avait pas manqué. On avait été souillés, et on avait eu du fun en crisse. Faut dire qu’on avait pogné une bonne gang. Le monde du Backstage (parce qu’ici c’est la norme de nommer son appart) avait été ben smarte avec nous, sauf peut-être pour la partie où ils ont mis de la sauce soya dans nos souliers (mes beaux faux converse de Green Day sont encore fucking sales, imaginez un an après!). Mais, même si on sentait le crisse, ça n’a pas été si pire. Une double douche (une douche en deux shampooings) et tout était partie.

Dès la première journée d’école, c’était des Ronalds McDonalds, des Panthères roses, des Avatars, des Jacks Sparows, des Freds Cailloux, des Ladys Gagas, et (les plus cool de tous) les Kiss qui déambulaient dans les rues de Jonquière en chantant la chanson d’ATM.

«En ATM, on boit du houblon,

Jusqu’à temps qu’on soit bien rond.

La meilleure façon de brosser, c’est sûrement la nôtre.

On enfile une crisse de grosse et on recommence

En avant, en arrière, sur les côtés, sur le cul. »

Même avec les cheveux plein de ketchup et les souliers plein de sauce soya, ça vaut la peine de se faire initier. Personnellement, j’ai rencontré de bons amis : Smega (le gars le méritait, et le nom lui est resté), Mononcle j’encule ou Two girls (elle avait aussi son amie One cup).

Mon nom, moi, c’était Anus, au moins, ce n’est pas resté.

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Métier du jour : Pelleteur de charbons pour le TGV

Un déménagement habituel, c’est le 1er juillet avec un camion, un large groupe d’amis et surtout de la pizza. Moi, c’était le 15 août, avec un camion et mon Papa et sans aucun lunch.

Plan de ma journée. Acheter un matelas, une chaise de travail et mon épicerie, ainsi que d’assembler mes meubles. J’étais sur un horaire très   chargé. Et disons qu’être prise à assembler des meubles dans un espace confiné rempli de boîtes en oubliant de manger, ça vient énervant à la longue. Au moins, ce n’était qu’une seule journée. Dans les jours suivants, je vais regretter d’avoir été obligé de faire tout ça aussi vite, parce que je n’aurai rien à faire ou presque jusqu’à temps que l’école commence lundi prochain.

Je me suis ramassée toute seule à 22h dans mes boîtes à essayer de figurer pourquoi je m’avais exilé de même. Hey, faut être folle pour partir de chez vous à dix-sept ans pour aller se perdre dans une petite ville perdue et remplie d’inconnus. Ça va être un beau défi, ouin, j’espère qui en vaut la peine. Est-ce que je peux avoir une médaille au moins?

Montréal, c’est bien plus réel.

J’ai décidé de m’exiler. Pourquoi? Je ne sais pas. En fait, oui, je le sais. C’est pour faire un métier qui m’attire depuis que j’ai 9 ans. Journaliste. Dans le temps, j’écoutais le télé-journal de Stéphane Bureau sur ma p’tite télé noir et blanc. Mais, depuis, j’ai changé ma télé pour une HD et je me suis botté dans le dernière en allant étudiant en région. Et, en ce moment, je suis en train de commencer à trouver que c’est peut-être plus déstabilisant que la communauté autosuffisante du Costa Rica ou les dépotoirs des Philippines. Je ne m’attendais pas à ça. Je suis à six heures d’auto et je suis plus sur les nerfs qu’après 32 heures d’avion trans-pacifique.

À l’étranger, je m’identifiais au Québec, au Canada. Maintenant que je suis en région, ce n’est pas croyable les différences que je vois avec la ville. Des blagues sur la campagne, j’en ai entendu en masse. Mais, les différences sont bien au-delà des cancres de la campagne et des snobes de la ville. C’est tout simplement une question d’opportunités.

Peut-être que c’était parce que j’étais vraiment chez moi, mais en ville, il y a toujours quelque chose à faire. Ici, je dois avouer que si tu n’as pas d’auto, t’es un peu mal pris, parce que le transport en commun ce n’est pas leur force disons-le de même. Les bars sont pas mal les seules attractions en ville.

Disons que c’est l’idée de rester prise dans de la neige de novembre en avril me fait un peu capoté. D’accord, j’avoue, c’est peut-être plus de déménager en appartement toute seule que d’être à Jonquière. Quoique, moi, je ne suis pas une fille du Saguenay, mais bien de Montréal. On va leur montrer à ces bleuets (oui, je sais, ça, c’est le Lac Saint-Jean)

Mon île déserte est occupée par tous les jours de la semaine

Vivre en appartement toute seule, c’est un peu paniquant, surtout quand tu ne sais pas vraiment où tu t’en vas, quand tu es réellement le seule personne que tu connais dans un rayon de plus de deux cents kilomètres. En plus, tu commences le cégep, et tu essaies de figurer c’est quoi la colocation.

À mon avantage, ma collocation n’est pas aussi finale et décisive que d’autre. Il n’y a que moi sur le bail et je n’ai pas besoin de courir après le monde pour avoir leur part du loyer. Mais, il y a un gros mais, je ne connais absolument pas les gens avec qui je vais vivre. Je ne connais pas leur nom, leur visage, et encore moins leur personnalité. Ils pourraient être des psychopathes que je ne le saurais pas avant un bout. J’espère juste que le propriétaire a un bon jugement. Sans niaiser, faut éradiquer la paranoïa. Un défaut trop souvent associé aux gens de la ville ici. En région, les Montréalais, on les trouve tellement sur les nerfs. Disons que s’il me voyait, je ne pourrais pas vraiment défaire ce préjugé.

Mais quoi qu’il en soit, pour l’instant, mes colocs ne sont pas des fous échappés de l’asile, mais bien un gars et une fille au début de la vingtaine. Ils ont l’air mature et allumé, deux qualités que des parents veulent que leur enfant soit entouré. Il n’en reste que je me sens au mauvais endroit. C’était la meilleure traduction pour out of place.

Il y a toujours le doute. Étais-je prête à déménagé? Eux ont l’air à l’aise. Ce n’est pas comme si c’était leur première année en appartement. Moi, pendant ce temps, je suis toujours douteuse. Va falloir que je passe par-dessus. C’est un défi de taille, mais c’est rien qu’un défi après tout. Je ne vais pas en mourir, à moins que mon coloc mettre encore presque le feu, mais ça ce sera pour la prochaine fois.