Des élections, des élections, ce n’est pas une raison pour s’engueuler

Bon. Je pense que je suis tannée de la campagne électorale. Tant mieux, elle se termine mardi. Ce n’est pas que je fais dans le cynisme. Au contraire, je crois qu’on peut changer le Québec si on s’en donne vraiment la peine.

J’ai l’impression de regarder un long, long film, où t’attend le dénouement final. J’ai vu le film, je l’ai compris. J’attends juste le moment  où on verra si c’est les gentils ou les méchants qui gagnent, parce que dans la vie comme dans un bon film français, on ne sait jamais si la fin nous fera chier.

Rendue au point où on en est rendu, je ne sais plus trop quoi penser. Mes prévisions : PQ minoritaire, avec peut-être la CAQ ou le PLQ opposition officielle. Le PQ aurait pu être majoritaire s’il avait fait une meilleure campagne. J’ai l’impression que les votes étaient déjà faits et que ce n’est pas vraiment Pauline Marois qui a convaincu les électeurs. La CAQ et François Legault, on verra bien ce qu’elle va donner. Le PLQ, et surtout Jean Charest, devrait prendre une petite débarque, question qu’il redevienne un peu plus humble. Ça fait toujours du bien de tomber pour voir qu’on n’est pas indestructible.

Résultats le 4 septembre. Mardi soir, il y aura beuverie, reste à savoir si ce sera pour fêter ou se consoler.

Jonk has gone wild! partie 1

À peine une journée après être arrivée à Jonquière, c’est déjà le temps des initiations.

C’est vrai que j’aurais pu arriver plus tôt et apprécier les partys de la rentrée. Mais bon, je préférais profiter des derniers instants de mon été à Montréal, et ici il y en a toujours plein de partys de toute façon. Mais, s’il y a un party (ou plutôt plusieurs) à ne pas manquer, c’est bien celui des initiations.

C’est une grosse débauche où on s’en prend (un peu) aux nouveaux en les souillant avec des trucs pas possibles, et en leur payant la traite de leur vie côté alcool (parce que tout le monde le sait, le but c’est de saouler les initiés sans qu’ils vomissent.)

L’année passée, c’était moi qui étais initiée. On ne nous avait pas manqué. On avait été souillés, et on avait eu du fun en crisse. Faut dire qu’on avait pogné une bonne gang. Le monde du Backstage (parce qu’ici c’est la norme de nommer son appart) avait été ben smarte avec nous, sauf peut-être pour la partie où ils ont mis de la sauce soya dans nos souliers (mes beaux faux converse de Green Day sont encore fucking sales, imaginez un an après!). Mais, même si on sentait le crisse, ça n’a pas été si pire. Une double douche (une douche en deux shampooings) et tout était partie.

Dès la première journée d’école, c’était des Ronalds McDonalds, des Panthères roses, des Avatars, des Jacks Sparows, des Freds Cailloux, des Ladys Gagas, et (les plus cool de tous) les Kiss qui déambulaient dans les rues de Jonquière en chantant la chanson d’ATM.

«En ATM, on boit du houblon,

Jusqu’à temps qu’on soit bien rond.

La meilleure façon de brosser, c’est sûrement la nôtre.

On enfile une crisse de grosse et on recommence

En avant, en arrière, sur les côtés, sur le cul. »

Même avec les cheveux plein de ketchup et les souliers plein de sauce soya, ça vaut la peine de se faire initier. Personnellement, j’ai rencontré de bons amis : Smega (le gars le méritait, et le nom lui est resté), Mononcle j’encule ou Two girls (elle avait aussi son amie One cup).

Mon nom, moi, c’était Anus, au moins, ce n’est pas resté.

18, c’est juste un nombre

Dès notre plus jeune âge, on rêve d’atteindre la majorité. 18 ans, le nombre magique. Mais quand tu y arrives, il n’y a plus grand chose d’extraordinaire. Qu’est-ce que tu peux faire à 18 que tu ne pouvais pas faire avant?

Voter?

Oui, mais il faut des élections. Ce n’est pas comme si ça l’arrivait la journée de ta fête.

Acheter de l’alcool?

Oui, mais ce n’est pas comme si ça nous avait empêché de boire de ne pas pouvoir en acheter. Tu demandais à un ami plus vieux et là c’est à toi qu’on va demander. À la limite, il y avait toujours les fausses cartes ou les cartes de quelqu’un d’autre. Ou sinon, tu pouvais toujours espérer qu’on ne te carterait pas au petit dépanneur du coin.

Sortir dans les bars?

Encore là, il y a les bars qui ne cartent pas et ceux où tu peux montrer une fausse carte. On peut le voir par la tonne de filles de 15 ans qui sortent. C’est sûr par contre que ça facilite la vie.

Donner du sang?

Il y a déjà plein de monde qui ne le font pas de toute façon, et ça à n’importe quel âge.

Être (enfin!) considérer comme un adulte à part entière?

Ça c’est archi-faux. Les parents, à par exceptions, ils continuent de nous traiter comme leurs enfants pour qui ils se sentent responsables. Ils vont seulement nous laisser tranquille quand on sera déménagé.  Les patrons, ils continuent d’avoir pleine autorité sur nous. Et la société en générale, elle ne nous considérera juste quand on payera des impôts dignes de ce nom.

Alors, c’est quoi le big deal?

Jour 13 : Le Québec envahit Berlin!

En l’honneur du déclenchement des élections provinciales au Québec. Voici comment je ne peux pas ignorer d’où je viens. Damnit.

Événement 1 : Des Québécois ont laissé leur marque à l’East Side Gallery

Bulle historique : Après la défaite de l’Allemagne nazie, les Alliés se divisèrent le pays et sa capitale : zone américaine, britannique, française, soviétique. Les trois zones capitalistes à l’Ouest ont eu tôt faites de s’associer pour former la République fédérale allemande (RFA). À l’Est, la zone communiste soviétique forme la République démocratique d’Allemagne (RDA).

La vie à l’Est était beaucoup plus difficile. C’est pourquoi beaucoup essayait de se sauver à l’Ouest en passant de Berlin-Est à Berlin-Ouest (enclave de RFA en zone soviétique). Devant les nombreux départs de sa population, le gouvernement de RDA construit un mur séparant Berlin en deux. De 1961 à 1989, le mur est le symbole même de la division capitaliste-communiste de la Guerre froide.

Quand le mur est tombé (seulement une partie), des artistes du monde entier sont venus peindre des fresques sur le côté est du mur. Il y a des messages d’amour, de paix et d’espoir sur des kilomètres. Sur l’une des murales, les mots «Québec, je me souviens». Et wait for it, il y avait un carré rouge avec le nombre 78 était aussi inscrits. Une surprise inattendue, mais bienvenue.

Événement 2 : Un serveur en route vers le Québec.

Alors que nous étions au restaurant, notre serveur espagnol qui travaille en Allemagne s’étonne de savoir qu’on vient du Canada. Il a un collègue de Montréal et il pense aller travailler quelques mois au Québec à travers le Plan Nord. Il accumule l’argent sans la dépenser, même pas pour une belle Québécoise. What a waste!